Actualités IRFU
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DESI mesure l’expansion de l’Univers à ses débuts, quand il n’était que matière.
Des chercheurs du CEA-Irfu, au sein de la collaboration internationale DESI, ont réalisé la première mesure directe de l’évolution du taux d’expansion de l’Univers dans le régime où sa dynamique est dominée par la matière. Cette avancée, rendue possible par la puissance statistique sans précédent des données du relevé DESI, constitue une vérification fondamentale des prédictions des équations de Friedmann issues de la relativité générale. Ce modèle cosmologique proposé par Einstein et de Sitter en 1932 décrit un Univers rempli uniquement de matière (pas d'énergie noire, pas de constante cosmologique), et dont l'expansion ralentit au fil du temps sous l'effet de la gravité.
Le prix de l'Excellence Scientifique 2026 de la 3AF décerné à la mission SVOM
Le 1er octobre 2026, au siège du CNES, l'Association Aéronautique et Astronautique de France (3AF) a décerné son Prix de l'Excellence Scientifique 2026 à la mission spatiale franco-chinoise SVOM, dédiée à la détection et à l'étude des sursauts gamma. Bertrand Cordier, représentant français de SVOM, a reçu cette distinction au nom de l'ensemble de l'équipe française.
Fruit d'une collaboration entre le CNES, le CEA, le CNRS et les universités, SVOM a été lancée en juin 2024 et s'est immédiatement imposée comme un acteur majeur de l'astrophysique haute énergie : à ce jour, 358 sursauts gamma détectés et plus de 60 distances mesurées. Un fait d'arme parmi d'autres : la détection du GRB 250314A, le 14 mars 2025, lié à l'effondrement d'une étoile de première génération, dont la supernova associée — révélée par JWST 110 jours plus tard — est la plus lointaine jamais observée.
Les quatre premiers grands télescopes de l’observatoire CTAO inaugurés aux Canaries
Les quatre premiers télescopes de CTAO (Cherenkov Telescope Array Observatory), des Large-Sized Telescopes (LST) ont été inaugurés le 15 octobre 2026 sur l’île de La Palma, aux Canaries (Espagne).
Le CNRS contribue de manière majeure à la conception et à la construction des LST, tandis que le CEA joue un rôle clé dans le développement des outils de traitement et d’analyse des données de CTAO et sur les telescopes de taille moyenne (MST). Les deux organismes sont fortement impliqués dans la construction de l’observatoire et la préparation de son exploitation scientifique.. Cette inauguration marque une étape importante pour l’astronomie gamma de très haute énergie.
Le lendemain de l'inauguration se tenait un workshop scientifique "Scientific Landscape around CTAO-LSTs" avec 10 présentations d'experts internationaux, dont celle d'Emmanuel Moulin du département de physique des particules de l'Irfu sur la matiére noire "Dark Matter Study with CTAO and Underground"
Un physicien des particules de l’Irfu lauréat du prix « ATLAS Outstanding Achievement Award »
Pierre-François Giraud, du Département de Physique des Particules (DPhP) de l’Irfu, a été distingué le 15 octobre 2026 par le prix d’excellence de la collaboration ATLAS. Ce prix récompense les contributions exceptionnelles du chercheur au fonctionnement, à l’étalonnage et à l’alignement optique en temps réel du spectromètre à muons d’ATLAS.
En juin 2026, Le LHC termine la prise de données du Run3 pour rentrer dans l’ère de la haute luminosité en 2030
Fin juin 2026, les derniers protons du Run 3 ont circulé dans le LHC : un chapitre se referme, un autre s'ouvre. En 2026, la machine a atteint sa performance nominale avec 1,8×10¹¹ protons par paquet (appelé faisceau), et environ 60 collisions de protons à chaque croisement de paquets. 2026 est la dernière année du Run 3.
Place au Long Shutdown 3, trois années et demie de chantier intense pour préparer le LHC à haute luminosité (HL-LHC) et son redémarrage en 2030, avec jusqu'à 200 collisions à chaque croisement de faisceaux. Les collaborations des experiences ATLAS et CMS reconstruisent entièrement leurs détecteurs internes : gérer 200 événements empilés simultanément, c'est ~10 fois plus de traces superposées à démêler tous les 25 nanosecondes — soit 40 millions de croisements par seconde aux points de collision d'ATLAS et CMS.
Les équipes de l’Irfu, qui travaillent depuis plusieurs années sur la jouvence de détecteurs de ces 2 grandes experiences, sont en première ligne de cette transformation. Un défi d'ingénierie colossal, mené de front avec l'exploitation des données accumulées lors du Run 3.
La magnitude des séismes stellaires comme nouvel indicateur de la rotation des étoiles
Les oscillations acoustiques des étoiles de faible masse, similaires au Soleil, constituent l'un des outils les plus puissants pour sonder leur structure interne, leur dynamique et leur évolution. Cette discipline, appelée astérosismologie, repose sur l'analyse des fréquences des oscillations stellaires. Des chercheurs du laboratoire AIM du CEA Paris-Saclay et en collaboration avec la Northwestern University (USA), montrent grâce à des simulations hydrodynamiques inédites, que leur amplitude porte également la signature de la rotation stellaire. En révélant que la rotation agit à la fois sur l'excitation et l'amortissement des ondes acoustiques, leurs travaux ouvrent une nouvelle voie pour caractériser les étoiles en rotation et améliorer l'interprétation des observations astérosismiques.
La NASA a sélectionné PRIMA, futur télescope spatial qui explorera l’Univers dans l’infrarouge lointain.
La NASA a sélectionné la mission PRIMA (PRobe far-Infrared Mission for Astrophysics) dans le cadre de son appel à projet Astrophysics Probe Explorer (APEX).
PRIMA est un projet d’observatoire spatial consacré à l’infrarouge lointain, avec un télescope de 1,8 m refroidi à 4,5 K et deux instruments complémentaires, dont PRIMAger, développé avec une contribution française portée par le CNES et associant notamment le CNRS/LAM et le CEA.
Deux astrophysiciennes de l’Irfu distinguées par le « Prix Jeunes Talents France L’Oréal-UNESCO »
Chaque année en France, 35 jeunes chercheuses se voient décerner le « Prix Jeunes Talents France » par la Fondation L’Oréal dans le cadre du programme L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science. À l’occasion de cette 20e édition, deux astrophysiciennes du CEA-Irfu ont été récompensées : Camille MOISSET et Marie-Anne CARPINE, toutes deux doctorantes. Camille Moisset [à gauche] étudie les dynamiques d’évolution des étoiles. Marie-Anne Carpine [à droite] s’intéresse aux propriétés physiques des poussières interstellaires.
Le retour à haute intensité des neutrons à Saclay
En 2024–2025, au CEA-Saclay, une campagne expérimentale couronnée de succès a été menée, au cours de laquelle l'installation de type HiCANS, couplant l’accélérateur de protons à haut courant IPHI et le convertisseur de protons/neutrons à lithium liquide SATELIT, a fonctionné avec une grande fiabilité pendant près de 100 h avec une puissance de faisceau déposée de 10 kW sur la cible de lithium, pour une accumulation totale de puissance de faisceau de 840 kW.h, ce qui constitue une première mondiale à cette énergie de faisceau de protons.
L'intégration d'un modérateur de neutrons optimisé autour de la cible a permis de fournir un flux de neutrons thermiques stable de l'ordre de 106 n.cm-2.s-1 à la sortie de l’enceinte de SATELIT, en accord avec la simulation réalisée avec le code TOUCANS basé sur Geant4. Les flux de neutrons obtenus sont suffisants pour de nombreuses applications neutroniques. Ces travaux démontrent qu’en couplant une boucle de lithium liquide cible à un accélérateur à haut courant, nous sommes en mesure de combler le vide en matière de sources de neutrons de moyenne énergie dans le paysage des sources de neutrons. Ces résultats, auxquels l’ensemble de l’Irfu et les équipes de la DES/ISAS/LECNA ont activement contribués, ont été publiés en avril 2026 dans Eur. Phys J. A [1] et ont même fait la une de la revue, présentée sur la Figure 1 !
Des galaxies “asphyxiées” dans l’Univers jeune
Pourquoi certaines galaxies cessent-elles de former des étoiles ? Cette question est centrale pour comprendre l’évolution de l’Univers : aujourd’hui, les amas de galaxies sont dominés par des galaxies qui ne forment plus ou presque plus d’étoiles. Une équipe internationale, impliquant des chercheurs du départment d'astrophysique de l'Irfu, apporte une nouvelle pièce à ce puzzle en observant, dans un amas de galaxies en formation, un mécanisme capable de priver les galaxies de leur carburant.
Grâce aux observations combinées du télescope spatial James Webb et de l’interféromètre ALMA, les scientifiques ont détecté dans cinq galaxies de longues traînées de gaz froid arrachées par leur environnement. Ce phénomène, appelé « décapage par pression dynamique » agit comme un vent cosmique qui retire le carburant nécessaire à la formation de nouvelles étoiles. Ce phénomène astrophysique se produit lorsqu'une galaxie traverse un milieu plus dense, comme le gaz chaud présent au sein d'un amas de galaxies.
La découverte montre que l’environnement des galaxies jouait déjà un rôle majeur dans leur évolution à une époque très précoce de l’histoire cosmique. Il s’agit du cas confirmé le plus lointain à ce jour observé lorsque l’Univers n’avait qu’environ 3 milliards d’années.
