Actualités IRFU
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Hubble et Euclid zooment sur l’œil cosmique
Pour cette Image du Mois de l’ESA/Hubble, le télescope Hubble s’associe à Euclid, de l’ESA, pour offrir une nouvelle vue des vestiges visuellement les plus complexes d’une étoile mourante connue sous le nom de la nébuleuse de l’Œil de Chat, découverte pour la première fois en 1864 et situé à environ 4 300 années-lumière de la Terre.
Bien qu’Euclid soit principalement conçu pour cartographier l’Univers lointain, il a observé la nébuleuse de l’Œil de Chat dans le cadre de ses relevés d’imagerie profonde.
Dans l’image à grand champ obtenue par le télescope spatial Euclid, observant en lumière visible et infrarouge proche, la nébuleuse de l’Œil de Chat apparaît entourée d’un halo étendu de gaz éjecté par l’étoile centrale lors de phases successives de perte de masse. Ces structures correspondent à des couches de matière expulsées au cours des dernières étapes de l’évolution stellaire. L’observation sur un champ aussi large révèle aussi de nombreuses galaxies très lointaines en arrière-plan. Leur présence rappelle que les relevés astronomiques modernes permettent d’étudier simultanément les processus d’évolution des étoiles dans notre Galaxie et la distribution des galaxies à l’échelle cosmique.
La structure du proton dévoilée grâce à un réseau neuronal.
Des chercheurs du DPhN de l’Irfu (CEA), en collaboration avec la collaboration internationale MAP (Analyses Multidimensionnelles des Distributions Partoniques), ont développé une nouvelle méthode basée sur des réseaux de neurones pour déterminer la structure dépendante de l’impulsion transverse (TMD) du proton. La description théorique de la dynamique tridimensionnelle des quarks et des gluons repose sur deux composantes : une partie calculable dans le cadre de la Chromodynamique Quantique (QCD), et une partie qui englobe la structure 3D du nucléon, décrite en termes de TMD. Cette dernière ne peut pas être calculée analytiquement ou numériquement à l’heure actuelle mais il est possible de remonter jusqu’à elles en analysant les données expérimentales.
Les défis expérimentaux des réactions nucléaires sur le plutonium-241
Grâce à une collaboration étroite entre plusieurs laboratoires de pointe, une avancée majeure a été réalisée dans l’étude du plutonium-241. Les équipes du JRC-Geel ont réussi à fabriquer des échantillons de plutonium spécifiquement enrichis en 241Pu, un isotope clé pour la production d’énergie nucléaire mais complexe à manipuler. En parallèle, le Département de Physique Nucléaire (DPhN) et le Département d’Électronique, des Détecteurs et d’Informatique pour la Physique (DEDIP) de l’Irfu, en partenariat avec le Service de Physique Nucléaire (SPhN) de la DAM/DIF, ont conçu et validé des détecteurs innovants capables de supporter un taux de comptage extrêmement élevé. Ces instruments, conçus pour résister à un bruit de fond α et β intense — avec une activité β du 241Pu atteignant 23 GBq et une activité α totale (238Pu, 240Pu, 241Am) dépassant 34 MBq —, ont permis de mener des campagnes expérimentales ambitieuses au CERN et au JRC-Geel en 2025 et début 2026.
Les données recueillies, actuellement en cours d’analyse, fourniront des mesures précises des sections efficaces de capture et de fission du 241Pu. Ces résultats contribueront à améliorer les données utilisées par les physiciens du Service de physique des réacteurs et du cycle (DES/IRESNE), améliorant ainsi la fiabilité des simulations neutroniques.
Ces mesures sont réalisées dans le cadre de la Collaboration n_TOF et de l’Accord de Collaboration CEA-JRC pour la sûreté nucléaire, avec le soutien du projet NACRE de NEEDS[1], et des projets européens APRENDE[2], EUFRAT[3] et EURO-LABS[4].
Le futur Observatoire CTAO : un nouvel outil pour traquer la matière noire
Des astrophysiciens ont étudié comment le futur observatoire CTAO (Cherenkov Telescope Array Observatory) en construction au Chili à Paranal et aux îles Canaries à la Palma, pourrait détecter la matière noire sous forme de WIMPs (particules massives interagissant faiblement).
Ces travaux dirigés par Emmanuel Moulin (Département de physique des particules de l’Irfu) et publiés dans le Journal of Cosmology and Astroparticle Physics, montrent que CTAO pourrait être bien plus sensible que les instruments actuels pour repérer ces particules mystérieuses dans la plage de masse du TeV et au delà.
Cette étude examine la capacité des 3 types d'expérience :
les recherches menées dans les accélérateurs de particules (au LHC),
les expériences de détection directe (comme Xenon1T au laboratoire du Gran Sasso ou LUX-ZEPLIN dit LZ aux US)
et le futur observatoire CTAO (Cherenkov Telescope Array Observatory)
à détecter des signaux de matière noire en utilisant deux cadres théoriques : la Théorie effective des Champs (TEC) et les Modèles Simplifiés. Ce traitement commun permet une comparaison objective entre ces différentes methodes expériementales.
Pour des WIMPs de masse proche du TeV (1 000 fois la masse d’un proton), CTAO pourrait améliorer d’un facteur 10 la sensibilité aux signaux d’annihilation de matière noire par rapport à telescope Cherenkov actuel en fonction comme H.E.S.S. Ces résultats soulignent la complémentarité unique entre CTAO, les expériences de détection directe et les recherches en collisionneurs pour explorer une large gamme de scénarios de matière noire, et démontrent que les observations de CTAO permettront d'accéder à la plage en masse encore inexplorée du TeV et inaccessible par les autres expériences.
L’expérience Double Chooz détecte les neutrinos émis par un réacteur nucléaire à l’arrêt : une première !
Les neutrinos sont des particules élémentaires qui ne sont sensibles qu’à l’interaction faible, une propriété qui en fait des messagers très utiles ! Véritables passe-murailles, ils traversent la matière sans être altérés, gardant intactes les informations des phénomènes qui les ont engendrés. Qu’ils soient émis par les réactions de fusion nucléaire au cœur du Soleil, offrant un regard sur le fonctionnement interne des étoiles, ou qu’ils précèdent la lumière des supernovæ, révélant les ultimes soubresauts d’un astre en fin de vie, les neutrinos sont des messagers uniques, autant fiables qu’insaisissables. Sur Terre, les antineutrinos émis dans les réactions de fission en chaine d’un réacteur nucléaire peuvent nous indiquer en temps réel l’état opérationnel voire même la composition du cœur. C’est dans ce domaine que l’expérience Double Chooz vient de franchir une étape importante. En réanalysant les données prises en 2017, l’expérience a, pour la première fois, pu capter les flux résiduels d’antineutrinos émis par un cœur de réacteur lors de ses périodes d’arrêt et ce pendant 25 jours cumulés. Cette avancée, issue d’une étude menée par les physiciens de l’Irfu et publiée fin 2025 [1], confirme une fois de plus l’intérêt du neutrino pour ce type d’applications sociétales.
Accostage réussi au réacteur TRIGA de Vienne pour CRAB
Et si une des clés pour traquer certains mystères de physique des particules se cachait dans une expérience innovante installée auprès d’un réacteur nucléaire TRIGA à Vienne ? Grâce à l’installation d’un dispositif expérimental novateur combinant un cryostat, des détecteurs gamma et un faisceau de neutrons thermiques, la méthode CRAB visant à calibrer précisément des détecteurs cryogéniques vient de franchir une étape décisive ! Après quelques difficultés au démarrage de l’installation, les physiciens ont pu valider toutes les composantes de cette installation expérimentale. Grâce au faisceau de neutrons qui a excité les noyaux du détecteur, les scientifiques ont réussi à détecter pour la première fois des coïncidences entre un recul nucléaire d’énergie connue mesurée par l’élévation de température du détecteur et le gamma de haute énergie qui l’a induit lors de la désexcitation du noyau ! Les données ont également permises de déterminer la valeur d’une transition nucléaire du tungstène 187W manquante. Ces résultats, pour lesquels les scientifiques de l’Irfu ont activement participé, ont été publiés en octobre 2025 dans Eur. Phys J. C [1].
Une chasse mondiale aux sources de neutrinos cosmiques
Pour la première fois, une collaboration internationale de plus de 800 scientifiques a uni ses forces pour traquer les sources des neutrinos cosmiques de haute énergie. En combinant les observations de neutrinos avec celles des rayons gamma, cette approche multimessager ouvre une nouvelle fenêtre sur les phénomènes les plus violents de l’Univers.
Dirigée par Fabian Schüssler (Département de physique des particules de l’Irfu, pour la collaboration H.E.S.S.), cette étude marque un tournant : quatre réseaux de télescopes Tcherenkov atmosphériques (FACT, H.E.S.S., MAGIC, VERITAS) et le Large Area Telescope (LAT) du satellite Fermi ont mis en commun leurs données pour la première fois pour chercher dans leurs données des événements gammas qui viendraient d'une même source que ceux de neutrinos détectés par IceCube en 2017. Une coopération inédite entre des installations habituellement en concurrence !
L'analyse comprend des observations de suivi d'événements de neutrinos de haute énergie observés par les quatre observatoires entre septembre 2017 (après l'événement IceCube-170922A) et janvier 2021. L'étude n'a trouvé aucune association entre les sources de rayons γ et les événements de neutrinos observés mais a permis de fournir des limites supérieures combinées sur le flux de rayons γ de très haute énergie que ces sources pourraient émettre. Ces limites sont plus contraignantes que celles obtenues par un seul télescope, car elles reposent sur une sensibilité accrue grâce à la combinaison des données.
Ces limites permettent d’écarter certains modèles théoriques d'accéleration de rayons cosmiques. Si un modèle prédit un flux de rayons gamma supérieur aux limites établies, il doit être revu.
Les astrophysiciens du Soleil du CEA mobilisés après l’éruption solaire du 18 janvier 2026
Le CEA joue un rôle majeur dans la météorologie de l’espace, une discipline qui étudie le milieu interplanétaire autour du Soleil afin d’anticiper les phénomènes solaires et de protéger nos infrastructures technologiques. En effet, l’activité de notre étoile peut avoir des conséquences directes sur notre société, de plus en plus dépendante des technologies spatiales et terrestres.
Une équipe d’experts des relations Soleil-Terre, OFRAME, dont le CEA est membre fondateur avec le CNRS et l’ONERA, se sont regroupés pour faire ce suivi quotidien de notre étoile car celle-ci peut avoir des effets néfastes sur notre société technologique.
Dans le cadre des activités scientifiques autour du Soleil et des données du satellite Solar Orbiter et de l’instrument STIX, les physiciens solaires du CEA ont été mis en alerte sur l’évènement de dimanche dernier lors de L’éruption solaire intense de niveau X1.9 du 18 Janvier 2026.
L’ESO signe l’accord pour BlueMUSE, un nouvel instrument sur le VLT
L’Observatoire européen austral (ESO) a officiellement signé l’accord de construction de BlueMUSE, un spectrographe de champ intégral de nouvelle génération destiné au Very Large Telescope (VLT) au Chili, avec une première lumière prévue en 2034. Cet instrument, optimisé pour le bleu et l’ultraviolet (350–580 nm), permettra d’étudier des objets célestes comme les étoiles massives, les galaxies lointaines et la matière intergalactique, offrant une vision complémentaire aux observatoires actuels, souvent focalisés sur l’infrarouge.
L’accord a été signé au siège de l’ESO à Garching (Allemagne) par Xavier Barcons (Directeur général de l’ESO) et Céline Reylé (Directrice adjointe pour la science au CNRS). Le Centre de Recherche Astrophysique de Lyon (CRAL) dirige le consortium international, qui rassemble 9 instituts européens et australiens. En France, deux laboratoires jouent un rôle clé :
Le CRAL assure la coordination et la vision d’ensemble du projet.
L’Irfu (CEA Paris-Saclay) garantit la performance des détecteurs et des systèmes de vide et de cryogénie, essentiels pour la sensibilité dans le bleu.
Lancement officiel de la construction du site sud de l’Observatoire CTA au Chili
Le 17 décembre 2025, la construction du site sud du Cherenkov Telescope Array Observatory (CTAO) a été officiellement lancée dans le désert de l’Atacama, au Chili. La cérémonie de pose de la première pierre a réuni des représentants de CTAO, de l’European Southern Observatory (ESO) et des autorités gouvernementales.
Cet événement marque une étape importante pour l’astronomie des hautes énergies et revêt une importance particulière pour l’Irfu, qui joue un rôle clé dans le développement de l’observatoire.
